Budget des ménages mauriciens :
entre adaptation et fragilité durable

Malgré une inflation officielle plus contenue, le ressenti des ménages mauriciens reste marqué par une forte pression sur le pouvoir d’achat. Les résultats du Baromètre « La gestion du budget des ménages mauriciens » (publié en octobre 2025) montrent une population qui s’adapte, mais au prix de restrictions durables et de changements structurels dans les comportements de consommation.

Une inflation toujours perçue comme élevée

 

En septembre 2025, 78% des Mauriciens estiment que les prix continuent d’augmenter. Ce chiffre est en léger recul par rapport aux trimestres précédents, traduisant une atténuation relative du ressenti, sans pour autant marquer un véritable apaisement.

Les causes perçues de cette inflation sont principalement attribuées aux politiques économiques, mais aussi à un sentiment que certaines entreprises profitent du contexte, ainsi qu’aux tensions internationales.

 

L’alimentation, principal point de tension

La hausse des prix est avant tout ressentie sur les produits alimentaires, cités par plus de huit Mauriciens sur dix.
Fruits et légumes restent particulièrement sensibles. L’alimentation apparaît ainsi comme le premier poste d’arbitrage, tant pour des raisons économiques que symboliques.
Cet point est d’autant plus important à prendre en compte quand on sait que les Mauriciens ne consomment pas assez de fruits et légumes et que cela a un impact sur leur santé (cf Nutrition Survey 2023 – Ministry of Health).

 

Une gestion budgétaire sous contrainte,

mais plus maîtrisée

La part des ménages déclarant avoir des difficultés à respecter leur budget recule par rapport à mi-2025. Cette amélioration reste toutefois fragile et repose sur une réorganisation active des dépenses, plutôt que sur une réelle détente financière.

 

Des arbitrages de plus en plus structurés

Pour faire face, les ménages privilégient des produits moins chers, réduisent leurs dépenses globales, résilient certaines activités, puisent dans leur épargne ou se tournent vers l’occasion. Ces comportements traduisent une logique d’optimisation contrainte, devenue quasi systématique.

Des changements alimentaires qui s’installent

Plus de la moitié des Mauriciens déclarent consommer moins de viande, de fruits, de légumes frais et de produits laitiers, tout en augmentant la part du riz et des grains. Ces évolutions sont particulièrement marquées dans la classe moyenne supérieure, signalant que la pression budgétaire ne concerne plus uniquement les ménages les plus fragiles. Une vulnérabilité alimentaire à ne pas sous-estimer

Enfin, certains indicateurs appellent à la vigilance : 8% des répondants déclarent qu’il leur arrive de ne pas avoir assez à manger, et 64% ne peuvent pas toujours accéder aux aliments souhaités. Ces chiffres mettent en lumière une fragilité alimentaire latente, souvent invisible mais bien réelle.

En conclusion

Les ménages mauriciens montrent une forte capacité d’adaptation, mais cette résilience repose sur des renoncements durables.

Au-delà de l’inflation perçue, ce sont les transformations structurelles des comportements de consommation qui constituent aujourd’hui un signal clé pour les acteurs économiques et institutionnels.

Le prochain Baromètre sera conduit fin janvier 2026, contactez-nous pour plus d’information.

14 janvier 2026

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